Comment identifier vos sites industriels les plus exposés au stress hydrique ? Replay et synthèse du webinaire imaGeau

7 mai 2026

Webinaire du 5 mai 2026 — avec Olivier Depraz (Directeur Général, imaGeau), Marjorie Bertrand (hydrogéologue, imaGeau) et Hans Ulrich Buccholz (Responsable conformité environnementale, eau, eaux usées & biodiversité, L’Oréal)

L’eau, un risque opérationnel qui ne peut plus être ignoré

 

Le stress hydrique n’est plus un sujet de prospective environnementale : c’est un risque de production concret, croissant et documenté. En 2023, 82 % du territoire français a connu des restrictions sur les eaux de surface. Les sites industriels situés dans les zones les plus touchées ont subi des niveaux de crise pendant plus de deux mois. La tendance est structurelle : cinq des sept dernières années ont enregistré des niveaux de crise historiques.
Pour les industriels, les conséquences sont directes : arrêt ou ralentissement de la production, coûts logistiques d’urgence, risque réglementaire accru, et exposition réputationnelle. Ce n’est plus une question RSE périphérique — c’est une question de continuité d’activité.

C’est dans ce contexte qu’imaGeau a organisé le 5 mai dernier son deuxième webinaire d’une série de quatre, consacré au Water Stress Index (WSI) : un outil conçu pour identifier, avec fiabilité et précision, les sites les plus exposés au risque hydrique. 

 

Les limites des outils mondiaux existants

 

Deux plateformes sont aujourd’hui largement utilisées pour évaluer le risque hydrique : Water Risk Filter (WRF) du WWF et Aqueduct du World Resources Institute. Ces outils ont une réelle valeur : ils sont scientifiquement fondés et permettent un premier niveau de lecture.

Mais leurs limites sont significatives pour les industriels :

  • Résolution géographique trop large. Les deux plateformes travaillent à l’échelle de grands bassins versants — parfois plusieurs centaines de kilomètres carrés. Deux sites distants de 60 kilomètres peuvent recevoir la même note, alors que leurs situations hydrogéologiques réelles sont radicalement différentes.
  • Des données parfois obsolètes. Certains indicateurs s’appuient sur des données datant des années 2000, sans intégration des épisodes climatiques extrêmes récents.
  • Absence de données sur les eaux souterraines. Or une part significative des sites industriels français est alimentée par des nappes souterraines — une dimension totalement absente de ces plateformes.

Le Water Stress Index : une notation locale, scientifique et actionnable

 

Le WSI a été développé par les experts hydrogéologues d’imaGeau. Il s’agit du seul indicateur du marché basé sur l’analyse scientifique de données locales et récentes, qui vous dit où vous en êtes — et quoi faire. Concrètement, il évalue le risque lié à la ressource en eau à travers six indicateurs organisés en trois axes :

1. Fragilité de la ressource — Capacité de recharge et capacité de stockage des ressources souterraines et superficielles.

2. Baisse de la ressource — Indice d’épuisement et taux d’exploitation : un site n’est jamais le seul utilisateur d’une ressource ; il est essentiel de connaître le niveau de pression collective déjà exercée.

3. Stress climatique — Fréquence et intensité des épisodes secs, vulnérabilité face au changement climatique.

Chaque indicateur reçoit une note sur 5 et un indice de confiance attribué par un expert, qui vérifie la disponibilité et la fiabilité des données locales mobilisées. La note finale, sur une échelle de 1 à 5, est accompagnée d’une note explicative par indicateur et de recommandations à court, moyen et long terme.
Pour les sites ayant une note globale supérieure à 2,6, imaGeau recommande de réaliser un audit complémentaire sur site (qui évaluera également les risques infrastructure et dépendance). 

Un exemple concret : deux sites, 60 km d’écart, deux réalités opposées

 

imaGeau a présenté un cas réel (anonymisé) au nord de Paris. Deux sites industriels, distants de 60 kilomètres, avaient reçu la même note avec le WRF : 2,6/5.

Après analyse WSI :

  • Le site A affichait un risque inférieur à celui indiqué par WRF.
  • Le site B affichait une note de 3,5/5 — un risque nettement supérieur, expliqué par la géologie locale : la nappe exploitée par ce site présente une faible capacité de stockage et un temps de recharge très lent.

Résultat concret : imaGeau conduit aujourd’hui un audit complet sur le site B, portant sur les deux composantes complémentaires du risque eau que le WSI n’adresse pas — le risque infrastructure (état des ouvrages de captage) et le risque de dépendance (degré de dépendance à une source unique).

Trois composantes pour une vision complète du risque eau

 

Le webinaire a permis de clarifier l’architecture de la démarche imaGeau :

Composante Ce qu’elle évalue Outil
Ressource Fragilité, épuisement, stress climatique WSI (à distance)
Infrastructure État des ouvrages de captage, vulnérabilité technique Audit sur site
Dépendance Degré de dépendance à une source unique Audit sur site

Le WSI est la première étape — celle qui permet d’évaluer et prioriser, sans se déplacer.

L’exemple de L’Oréal : le WSI au service de la stratégie et de l’action site par site

 

Hans Ulrich Buchholz, responsable de la conformité environnementale eau, eaux usées et biodiversité chez L’Oréal, a témoigné de l’utilisation concrète du WSI dans le cadre de la gestion des risques eau du groupe.

L’Oréal produit plus de 90 % de ses volumes en propre, dans des usines réparties dans le monde entier. L’eau y est l’une des principales matières premières en volume. Aujourd’hui, environ 30 % des sites opèrent déjà dans des zones à stress hydrique ou de rareté.

Le groupe utilise les outils publics (WRF, Aqueduct) comme premier filtre, mais s’est heurté à leurs limites : des scores difficiles à interpréter, peu compréhensibles pour déclencher un plan d’action à l’échelle d’un site. Le WSI apporte deux éléments décisifs :

  • La compréhension : on sait pourquoi un site est à risque — est-ce la ressource souterraine ? La variabilité climatique ? Le taux d’exploitation ?
  • La double lecture : au niveau corporate, pour prioriser les investissements et construire une stratégie moyen-long terme ; au niveau site, pour préparer les plans de sécurisation à court terme.

« Le WSI nous permet de mieux prioriser, de comprendre les risques et de réagir sur une base scientifique — au niveau corporate et au niveau site. » — Hans Buchholz, L’Oréal

Ce que comprend un WSI — et son coût

Livrable WSI (à distance, sans déplacement) :

  • Tableau de bord avec note globale et notes par indicateur
  • Indice de confiance pour chaque indicateur
  • Note explicative rédigée par un expert
  • Recommandations à court, moyen et long terme
  • Tarif unitaire : 7 500 €

Audit complet (sur site) :

  • Analyse des risques infrastructure et dépendance
  • Plan d’actions détaillé avec estimation financière
  • Inclut la rencontre avec les parties prenantes et la collectivité locale productrice d’eau le cas échéant
  • Tarif : environ 20 000 €

Le WSI est intégrable via API dans les applications métier existantes. La notation, réalisée à un instant T, n’est pas mise à jour automatiquement — l’expertise humaine reste au cœur du processus.

Incrivez-vous au prochain webinaire : piloter le risque eau avec EMI

 

📅 Lundi 29 juin 2026
🕚 11h00 – 11h45

La série se poursuit avec un webinaire consacré à EMI, le logiciel de monitoring développé par imaGeau pour surveiller en temps réel l’évolution des ressources, anticiper les arrêtés sécheresse et déclencher des alertes avec les plans d’action associés.

Si le WSI est, selon Olivier Depraz, l’équivalent d’une ordonnance chez le médecin, EMI représente l’électrocardiogramme en continu — l’étape suivante recommandée pour les sites ou territoires dont le WSI révèle une exposition significative.